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Eurofins et Onéma

Le scandale Eurofins : le rapport de la DGS

par Marc Laimé, mardi 26 février 2013
 
Le quotidien Libération a publié dans son édition datée du 26 février 2013, une enquête sur le scandale du monopole caché de l'analyse de la qualité de l'eau potable, qu'effectuent pour le compte du ministère de la Santé deux multinationales trop peu connues.
 
Titrée « Eurofins, une embrouille dans le potable », l'enquête de Laure Noualhat, qui affirme que « la qualité des analyses d'eau du géant du secteur
est mise en cause par les autorités sanitaires françaises. » s'appuie sur un rapport au vitriol du ministère de la Santé, que Libération n'offre hélas pas à ses lecteurs, pas plus que l'enquête d'ailleurs, réservée à ses abonnés.
 
Afin de réparer ces fâcheuses omissions, Eaux glacées, qui a depuis belle date dénoncé ce scandale majeur, présente ci-après le Rapport de la DGS.
 
         Le Rapport de la DGSE nous rappelons aussi, et surtout, ce qu'omet Libération, que la « success story » d'Eurofins et Carso n'a été rendue possible que par la conjuration de quelques politiques et haut fonctionnaires, toujours en place aujourd'hui, qui ont fait pression afin que la Loi sur l'eau du 30 décembre 2006 rende obligatoire, au nom de prétendus impératifs communautaires totalement fallacieux, la mise en concurrence obligatoire des prestations d'analyse de la qualité des eaux.
 
         Résultat, six ans après, la moitié de la centaine de laboratoires publics départementaux d'analyse ont été liquidés, mis en faillite, rachetés avant que d'être dépecés par les multinationales de l'analyse qui, gains de productivité oblige, et pour satisfaire la rapacité de leurs actionnaires, ont mis en place des protocoles d'analyse scandaleusement défaillants, qui mettent en danger la sécurité sanitaire et la santé publique, comme vient tardivement, de s'en apercevoir le ministère de la Santé !
 
        Après l'affaire de l'Onema, il y a décidément « quelque chose de pourri » dans le monde de l'eau, et il n'est que temps, à l'heure de la réforme annoncée, que la puissance publique en prenne la mesure.
 
2013-02-23      REMOUS

La CLCV demande un audit des données sur l'eau

par Marc Laimé, samedi 23 février 2013
 
     En réaction au scandale de l'ONEMA, l'association de consommateurs s'associe à la demande d'un audit indépendant de l'ensemble du dispositif de production des données publiques sur l'eau, et renouvelle plusieurs exigences de démocratisation de la gestion de l'eau en France, dans le cadre de la réforme en cours de la Modernisation de l'action publique (MAP).
 
     "Dans son rapport 2013, la Cour des Comptes dresse un constat sévère sur l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques.
 
      L'ONEMA indique dans l'introduction de son rapport : « L'ampleur et l'accroissement des missions confiées à l'ONEMA, dans un contexte mouvant, complexe et soumis à la pression d'échéances communautaires, n'ont pas été accompagnés par la mise en place de moyens à la hauteur des enjeux. Il en est résulté de nombreuses défaillances et irrégularités dans la gestion administrative et financière qui ont nui à l'efficacité de l'action du nouvel établissement public ».
 
     Pour l'association nationale de consommateurs et usagers CLCV (Consommation, Logement et Cadre de vie), connue pour son implication de longue date sur les questions de l'eau et de l'assainissement, la gravité des faits rapportés ne va pas manquer de choquer les consommateurs et de les faire douter des politiques publiques conduites dans ce domaine auquel ils sont particulièrement sensibles.
 
Ce rapport doit être l'occasion de revoir l'ensemble de la politique de l'eau dont les réformes successives ont certes apporté des améliorations, mais sont rarement allées au bout des transformations nécessaires.
 
Pour l'association, il s'agit de :
 
  •   procéder à un audit sur les conditions de recueil et de transmissions des données sur l'état réel des ressources et de l'efficacité des mesures mises en oeuvre pour atteindre l'objectif européen de leur bon état écologique en 2015 ;
  •   clarifier et démocratiser la gouvernance des différentes instances chargées de la mise en ouvre de la politique de l'eau, dans lesquelles les usagers domestiques, qui en sont pourtant les principaux contributeurs, sont peu (ou pas) représentés, peu (ou pas) consultés ;
  •   mettre en ouvre une véritable politique de prévention et de protection de la ressource, avec une application équitable et efficace du principe pollueur payeur, alors que les ménages supportent encore 80% des redevances, ce qui est inacceptable ;
  •   améliorer notablement la transparence de la gestion de l'eau et de l'assainissement collectif et non collectif, notamment en ce qui concerne la réalité économique des coûts des différentes opérations tout au long du cycle de l'eau, et redonner son sens à la notion de service public dans un domaine où la porosité entre l'intérêt général et les intérêts économiques est de notoriété publique.

      La CLCV rappelle qu'à l'occasion des trois derniers projets de loi elle a proposé la mise en place d'une véritable autorité nationale indépendante, qui ne soit pas juge et partie, avec pouvoir d'investigation et de sanction, et demande notamment :

  •   que des représentants d'associations représentatives de consommateurs et usagers soient associés au travail d'évaluation de la politique de l'eau conduite dans le cadre de la Modernisation de l'Action Publique (MAP) ;
  •   une réforme et une généralisation des Commissions consultatives des services publics locaux,
  •   une plus grande place aux représentants des ménages dans les Comités de Bassin des Agences de l'eau, alors que les usagers domestiques sont les plus gros contributeurs (ils représentent aujourd'hui moins de 3% des membres de cette instance) ;??
  •   le droit pour les représentants des consommateurs et usagers siégeant dans les différentes instances de concertation, de disposer d'expertises indépendantes des intérêts économiques concernés ;
  •   l'obligation d'un véritable débat public local suivi d'un référendum lors du choix du mode de gestion des services d'eau et d'assainissement."