Ambition à sec ?

Tandis que la période estivale sonne l'heure des alertes "sécheresse", pointant les problèmes de disponibilité et de qualité de la ressource aquatique, comment ne pas dénoncer à nouveau le manque cruel de réformes ambitieuses et cohérentes pour préserver le bien commun? Comment ne pas s'indigner du fait que les consommateurs soient les vaches à lait... de l'eau, les victimes et les payeurs de politiques aberrantes !

Aux antipodes du principe de préleveur-pollueur-payeur et de tous ceux posés par la directive cadre sur l'eau, la répartition actuelle fait en effet injustement peser les coûts de prélèvement et de dépollution essentiellement sur les particuliers, en lieu et place de la principale responsable: l'agriculture intensive !

Je dis bien l'agriculture productiviste et intensive, pas les agriculteurs ou les paysans !

Car c'est bien le système d'aides européennes et françaises, défendu par la FNSEA (fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), qui incite les fermiers à se tourner vers des monocultures (notamment de maïs) aussi gourmandes en eau et en pesticides qu'inadaptées à nos conditions naturelles...

En matière de politique de l'eau, tout n'est qu'incohérence, ineptie et injustice !

A l'heure de la révision de la PAC (politique agricole commune) à l'échelon européen et des Assises de l'eau au niveau national, les pouvoirs publics doivent renverser la tendance. A moins que, comme la ressource, ils ne soient ... à sec en matière d'ambition et de courage !

(source: Alain Bazot, Président de l'UFC-QUE CHOISIR) - juillet-août 2019